L’essentiel
- Assise ferme et régulière, tissu seulement usé ou passé : une recouverture peut suffire.
- Assise creusée, ressorts sensibles sous la cuisse, crin qui s’échappe : la garniture est à reprendre.
- Un bois qui bouge ou un pied fendu se traite avant tout travail de garniture.
Trois minutes pour faire le point
Avant de parler tissu, regardez ce que le siège a dans le ventre. Le test se fait chez vous, sans outil, en trois temps.
- Asseyez-vous franchement. Vous devez être porté de façon égale, sans glisser vers l’avant ni sentir un creux au centre. Un ressort qui pointe sous la cuisse ou un bruit de ferraille sont des signes nets.
- Passez la main sur le bord avant de l’assise. Sur une garniture traditionnelle, ce bord est un boudin ferme et droit. S’il s’est écrasé, arrondi ou affaissé d’un côté, l’intérieur a travaillé.
- Retournez le fauteuil sur une couverture. Sous l’assise, une toile noire ou de jute couvre les sangles. Si elle pend, si les sangles sont détendues ou cassées, si des ressorts descendent sous le niveau de la traverse, la réfection est proche.
Profitez-en pour saisir chaque accoudoir et le dossier, et secouer doucement. Le bois ne doit ni craquer ni bouger dans ses assemblages.
Quand un tissu neuf suffit
La recouverture consiste à déposer l’ancien tissu, à vérifier la couche qui se trouve juste dessous, puis à poser une nouvelle couverture. La garniture, elle, reste en place.
Elle convient dans des cas précis :
- le tissu est élimé aux accoudoirs, taché ou simplement passé de mode ;
- l’assise reste ferme, sans creux ni bosse ;
- les bords gardent leur forme et les angles sont nets ;
- le dessous ne montre ni sangle cassée ni ressort descendu.
Une recouverture faite sur une garniture fatiguée ne tient pas : le tissu neuf épouse les creux, plisse et s’use vite aux mêmes endroits. Si vous hésitez, demandez à l’atelier d’ouvrir un coin du siège avant de décider : quand le dessous ne dit rien, c’est le moyen le plus sûr de trancher.
Le choix du tissu compte aussi. Pour un cabriolet ou une bergère de salon, un velours, un damas ou une tapisserie d’ameublement n’ont pas la même tenue ni le même rendu. Si votre siège porte une tapisserie ancienne que vous aimeriez garder, notre page sur la restauration des tapisseries explique ce qu’il est possible de faire pour la consolider.
Quand il faut reprendre la garniture
Dès que la forme du siège a cédé, la seule réponse durable est de redescendre jusqu’au bois et de tout reconstruire. On parle alors de réfection complète. Elle suit, sur un siège traditionnel, un ordre immuable :
- dégarnissage complet, en notant la forme d’origine du siège ;
- contrôle et remise en état de la carcasse ;
- pose de sangles neuves, tendues à la main ;
- couture et ligature des ressorts, pour qu’ils travaillent ensemble ;
- toile forte, puis crin mis en forme et piqué pour dessiner les bords ;
- toile blanche, ouate, et enfin le tissu choisi.
Le crin retiré n’est pas forcément perdu : s’il est sain, il peut être cardé, c’est-à-dire démêlé et aéré, puis réemployé. Sur un siège qui n’avait pas de ressorts, comme beaucoup de chaises et de fauteuils à dossier plat, la garniture se fait directement sur sangles.
Il existe un entre-deux. Quand seule l’assise a souffert et que le dossier reste ferme, on peut refaire l’assise et ne faire que recouvrir le dossier. Le tissu est alors changé partout, pour que le siège reste d’un seul ton.
Les signes qui ne trompent pas
- un creux qui se forme au centre de l’assise et ne remonte plus ;
- des poils de crin qui traversent le tissu ;
- une poussière fine qui tombe quand on tapote l’assise ;
- des grincements ou un bruit de ressort à chaque mouvement.
Le bois avant le tissu
Une garniture neuve sur une carcasse fragile ne fait pas un bon siège. Le bois est donc examiné avant toute décision, et c’est souvent lui qui réserve des surprises.
Trois points retiennent notre attention :
- Les assemblages. Un accoudoir ou un dossier qui bouge doit être démonté et recollé. Le serrer avec des vis ou des équerres abîme le siège et ne règle rien longtemps.
- Les traverses. Chaque réfection laisse des trous de clous. Après plusieurs vies, le bois des traverses peut être criblé au point de ne plus tenir les sangles ni la toile. Il faut alors le renforcer avant de garnir.
- Les insectes. De petits trous ronds et une sciure claire au pied du fauteuil signalent des insectes du bois encore actifs. Le traitement passe avant le reste, pour ne pas enfermer le problème sous une garniture neuve.
Le décor du bois, ses dorures ou sa patine, ne se touchent qu’avec précaution. Nous en parlons avec vous avant d’intervenir, pour que la remise en état respecte l’époque et l’usage du siège.
Ce qui fait varier le devis
Il n’y a pas de prix unique pour un fauteuil, et méfiez-vous d’un chiffre donné sans avoir vu le siège. Le devis dépend de plusieurs éléments que l’on peut presque tous lister à l’avance :
- le type de siège : chaise, cabriolet, bergère, fauteuil à oreilles, canapé ;
- la nature du travail : recouverture, réfection de l’assise seule, réfection complète ;
- la garniture : traditionnelle au crin ou moderne en mousse ;
- l’état du bois et les réparations qu’il demande ;
- le tissu : métrage, largeur, raccord du motif, fourni par vous ou choisi avec nous ;
- les finitions : galon, clous décoratifs, passepoil, capiton.
Pour préparer l’échange, quelques photos suffisent souvent pour un premier échange : le siège de face, de profil, le dessous retourné et un gros plan de l’usure. Vous pouvez les joindre au formulaire de demande de devis ou les envoyer par WhatsApp. Pour une paire de bergères ou un salon complet, une visite à domicile permet de tout voir en une fois.
Un siège de salon parisien, une décision à deux
Dans les appartements anciens du 8e et des arrondissements voisins, les fauteuils de famille ont souvent connu plusieurs réfections. Certains ont été regarnis en mousse dans les années passées, d’autres gardent leur crin d’origine. Savoir ce qu’il y a dessous aide à choisir : revenir à une garniture traditionnelle, ou conserver une garniture moderne bien faite.
Nous vous expliquons ce que nous voyons, ce qui est urgent et ce qui peut attendre. Vous décidez ensuite, en connaissant les options. Les détails de notre travail sur les sièges figurent sur la page fauteuils et meubles, et la page consacrée au quartier du 8e précise comment nous intervenons près de l’atelier.
La prestation de l’atelier
Pour aller plus loin, consultez notre page « Fauteuils & meubles à Paris ».
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